Il y a un moment dans la vie de la plupart des collaborateurs où la question cesse d'être théorique. Parfois c'est un dossier qu'on aurait traité autrement. Parfois une rétrocession qui ne bouge plus depuis deux ans. Parfois simplement l'envie d'exercer son métier, à sa façon.

Si vous lisez ceci un été de vacations judiciaires, ce n'est probablement pas un hasard : c'est la période où l'on a enfin le temps de réfléchir. Bonne nouvelle : c'est aussi la meilleure période pour préparer une installation de rentrée. Voici la checklist complète, dans l'ordre, avec les vrais sujets et les vrais montants. Elle prolonge deux guides du blog : le comparatif collaborateur ou installé et les 12 étapes de l'installation — ici, on se concentre sur la transition elle-même.

Étape 1 — Clarifier votre situation contractuelle

Avant toute démarche, relisez votre contrat de collaboration : délai de prévenance (généralement trois mois après la période d'essai, vérifiez le vôtre), sort des dossiers personnels développés pendant la collaboration, et usages de votre barreau en matière de clientèle personnelle.

Le point clé, déontologiquement incontournable : la clientèle personnelle que vous avez développée en collaboration vous appartient. Mais la transition se prépare proprement — un départ élégant vous suit toute une carrière, dans un métier où tout le monde se connaît.

À faire cet été : dater votre échéance idéale (une installation au 1er octobre se notifie au plus tard début juillet dans la plupart des cas), et poser les jalons en conséquence.

Étape 2 — Choisir votre structure d'exercice

Pour une première installation individuelle, trois options dominent :

  • L'exercice individuel (BNC) : la voie la plus simple et la plus rapide. Comptabilité allégée, pas de capital, décisions instantanées. C'est le choix de la majorité des primo-installés — et il n'a rien de provisoire : beaucoup y restent.
  • La SELARLU / SELAS unipersonnelle : pertinente si vous anticipez des revenus élevés dès le départ (arbitrage rémunération/dividendes) ou une association à moyen terme. Contrepartie : frais de constitution, comptabilité d'engagement, formalisme.
  • La collaboration + clientèle personnelle renforcée : la transition douce — vous restez collaborateur à temps partiel le temps que votre clientèle porte. Certains cabinets l'acceptent volontiers ; cela sécurise la trésorerie des dix-huit premiers mois.

Le bon réflexe : ne choisissez pas seul. Une consultation avec un expert-comptable spécialisé professions libérales (souvent gratuite en premier rendez-vous) vous évitera de payer trois ans une structure inadaptée.

Étape 3 — Le budget : les chiffres qu'il faut poser à plat

Le sujet que tout le monde survole et qui décide de tout. Ordre de grandeur d'une première année d'installation individuelle, hors rémunération (pour le détail poste par poste, voir le coût réel de l'installation) :

PosteFourchette annuelle
Cotisation ordinale + CNBF (début)variable selon barreau et revenus
RCP (responsabilité civile professionnelle)souvent incluse via le barreau, vérifiez les extensions
Local (domiciliation → sous-location → bail)0 € à 12 000 €+ selon la formule
Logiciel de cabinetde 108 € (IAGOV Lex Solo à 19 €/mois : 228 €) à plus de 3 000 € chez certains acteurs historiques
Site internet + communication de base500 € à 2 500 €
Matériel (ordinateur, imprimante, mobilier)1 500 € à 4 000 €
Trésorerie de sécurité6 mois de charges — le poste le plus important de ce tableau

Deux commentaires d'expérience. D'abord, le local est la variable d'ajustement : commencer domicilié avec une salle de réunion à la demande n'a jamais fait perdre un client à personne. Ensuite, la trésorerie de sécurité n'est pas négociable : les six premiers mois, vous encaisserez en décalé — c'est mécanique, pas inquiétant, à condition de l'avoir prévu.

Étape 4 — Les formalités, dans l'ordre

  1. 1. Notification de fin de collaboration (respectez le délai de prévenance) ;
  2. 2. Information de votre Ordre : changement de mode d'exercice, nouvelle adresse professionnelle ;
  3. 3. Banque professionnelle : comptez plusieurs semaines pour l'ouverture, anticipez ;
  4. 4. URSSAF / SIE : déclaration d'activité, choix du régime de TVA (franchise en base ou réel selon votre CA prévisionnel) ;
  5. 5. CNBF : mise à jour de votre situation ;
  6. 6. RCP : vérification de couverture sur votre nouveau mode d'exercice.

Rien de complexe, mais tout prend du temps administratif. D'où l'intérêt de l'été : lancé en juillet, ce parcours est bouclé pour septembre.

Étape 5 — Le local : commencez léger

La tentation du « vrai cabinet » avec plaque en laiton est compréhensible. Résistez-y six mois. Les formules par étage de risque :

  • Domiciliation + salles à la demande : votre adresse est professionnelle, vos rendez-vous se tiennent dans des salles louées à l'heure. Coût minimal, image préservée.
  • Sous-location chez un confrère : la formule reine du démarrage — un bureau dans un cabinet existant, souvent avec l'émulation et les renvois de dossiers en prime.
  • Le bail commercial ou professionnel : quand la clientèle est là et que la visibilité du lieu devient un vrai levier.

Étape 6 — Les outils : le piège du sur-équipement (et celui du sous-équipement)

Le sur-équipement, c'est signer trois ans d'un logiciel à 200 €/mois « parce qu'il fait tout », alors que vous avez douze dossiers actifs. Le sous-équipement, c'est démarrer avec Word, Excel et un agenda papier « en attendant » — et découvrir en novembre que vous avez raté une échéance et perdu quatre soirées à refaire des courriers qui existaient déjà.

L'équipement juste d'un cabinet qui démarre :

  • Un logiciel de gestion de cabinet qui couvre dossiers, courriers, échéances et facturation. C'est exactement le créneau d'IAGOV Lex — conçu pour les cabinets de 1 à 10 avocats, avec l'IA intégrée dès le premier tarif, hébergé en France (l'IA est propulsée par Mistral : vos données de cabinet ne traversent pas l'Atlantique). Formule Solo à 19 €/mois, et 90 jours d'essai gratuit sans carte bancaire — dimensionné précisément pour qu'un été de préparation permette de se décider avant la rentrée.
  • Une adresse mail professionnelle sur votre propre domaine (pas de gmail pour une assignation).
  • Un site internet sobre : les clients vous vérifient en ligne avant de vous appeler. Une page claire vaut mieux qu'un site daté.
  • Une imprimante-scanner fiable et une routine de sauvegarde. C'est trivial jusqu'au jour où ça ne l'est plus.

Étape 7 — Les premiers clients : votre plan à 90 jours

La clientèle d'un cabinet qui démarre vient, dans l'ordre statistique : des confrères (renvois de dossiers, conflits d'intérêts, surcharge), de votre réseau personnel élargi, puis de votre visibilité (site, annuaires, permanences).

Concrètement, les 90 premiers jours :

  1. 1. Écrivez à votre réseau — le vrai courrier d'annonce d'installation, confraternel et personnel, pas un mailing ;
  2. 2. Inscrivez-vous aux permanences de votre barreau (AJ, commissions d'office, consultations gratuites) : de la pratique, de la visibilité, des premiers honoraires ;
  3. 3. Dites votre spécialité : « avocat généraliste » n'a jamais fait renvoyer un dossier. « Je prends les prud'hommes côté salarié et le contentieux locatif » — ça, oui ;
  4. 4. Soignez chaque premier dossier : votre marketing des cinq prochaines années, c'est eux.

Étape 8 — Le calendrier type (pour une installation au 1er octobre)

  • Juillet : décision, relecture du contrat, rendez-vous expert-comptable, notification si nécessaire. Ouverture du dossier bancaire. Début d'essai des outils (c'est maintenant que les 90 jours d'IAGOV Lex sont malins : l'essai couvre juillet-août-septembre, vous démarrez octobre en connaissance de cause).
  • Août : formalités administratives, choix du local, site internet, préparation du courrier d'annonce.
  • Septembre : rentrée judiciaire — vous êtes visible, outillé, annoncé. Derniers dossiers de collaboration soldés proprement.
  • 1er octobre : premier jour. Tout est déjà en place ; il ne reste que l'essentiel — exercer.

Étape 9 — Ce qu'on ne met jamais dans les checklists (et qui compte le plus)

Prévoyez la solitude. Après des années d'open-space de cabinet, l'exercice individuel est silencieux — organisez vos déjeuners de confrères comme des rendez-vous professionnels, rejoignez une commission de votre barreau, gardez un mentor. Les avocats installés les plus solides ne sont pas les plus équipés : ce sont les mieux entourés.

IAGOV Lex accompagne les avocats qui s'installent : gestion de dossiers, courriers, échéances, facturation et IA intégrée, de 9 à 69 €/mois, hébergement en France. Essai gratuit de 90 jours, sans carte bancaire, sur iagov.fr.